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Violences : élus et citoyens font "bloc" devant les mairies, entre "peur" et solidarité
information fournie par AFP 19/10/2026 à 20:13

Le maire de Lille Arnaud Deslandes et son prédécesseur Martine Aubry à Lille le 19 octobre 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

Le maire de Lille Arnaud Deslandes et son prédécesseur Martine Aubry à Lille le 19 octobre 2026 ( AFP / Francois LO PRESTI )

"Nous devons faire bloc"... Des milliers d'élus et de citoyens se sont réunis lundi devant des mairies partout en France, témoignant de leur "peur", de leur solidarité et de leur désir d'"ordre" face aux violences de la mobilisation du 17 octobre.

À l'appel de l'Association des maires de France (AMF), quelque 2.000 personnes se sont rassemblées à Cannes, selon cette municipalité dont le maire David Lisnard préside l'AMF. Il s'était déplacé dimanche soir à Limoges, sa ville natale, dont l'hôtel de ville historique a été incendié.

Un millier de personnes ont répondu présent à Brest, quelques centaines à Bordeaux, Angers, Nice ou Toulouse, une centaine à Lille et Paris et quelques dizaines à Nantes, Strasbourg ou Lyon, pour dénoncer affrontements, pillages et incendies de bâtiments publics.

Rassemblement à Lille le 19 octobre 2026 contre les pillages et les violences de la veille ( AFP / Francois LO PRESTI )

Rassemblement à Lille le 19 octobre 2026 contre les pillages et les violences de la veille ( AFP / Francois LO PRESTI )

"Je suis désemparée, anéantie. Il est important pour moi de montrer qu'il y a des citoyens qui aiment la France, sans faire de politique", a déclaré à l'AFP Sandrine Marais, une enseignante bordelaise de 57 ans.

"Je suis d'accord pour manifester mais contre la casse", a abondé Louis Lassus, étudiant en informatique de 21 ans, présent à Bordeaux avec un drapeau tricolore.

"Face à la haine et la violence qui tentent de mettre à mal nos institutions, qui prennent en otage les revendications et entravent la liberté de manifester, nous devons faire bloc", a lancé le maire Renaissance Thomas Cazenave, avant une déambulation jusqu'à la résidence préfectorale, en partie saccagée samedi.

"Chaos"

À Lille, le maire Arnaud Deslandes (PS) s'est dit "horrifié par les images de notre mairie (...) vandalisée" après une brève incursion de casseurs. "Les dégâts sont limités mais la symbolique est forte."

"Nous avons assisté à un déferlement de haine (...) ils n'étaient là que pour semer le chaos", a déclaré à Toulouse le maire Jean-Luc Moudenc (DVD), invitant chacun à rester "rassemblé et uni pour dire +stop à la violence+". Son intervention a été brièvement perturbée par les slogans d'une quinzaine de militants antifascistes, fermement repoussés par des participants puis tenus à l'écart par des policiers municipaux.

La gestion des manifestations par les autorités a été critiquée par une grande partie de la classe politique et certains maires, à commencer par celui de Limoges, Guillaume Guérin. Ceux de Paris, Marseille et Lyon ont demandé à être reçus par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

"Il faut rétablir l'ordre face à des groupuscules d'extrême-gauche alimentés par LFI et qui allument des incendies, face à des milliers d'émeutiers dont une grande majorité sont des enfants issus de l'immigration récente (...), il faut rétablir l'ordre pour tous les Français qui peuvent être d'origine étrangère et qui sont des gens bien", a lancé à Cannes David Lisnard, candidat à la présidentielle.

"L'État doit réagir"

Sans "réponse politique", "ça ne se résoudra pas", a souligné le maire (PS) de Paris Emmanuel Grégoire, appelant Sébastien Lecornu à négocier "avec les organisations lycéennes, étudiantes et de salariés".

Les critiques sont venues aussi d'anciens ministres macronistes, comme le maire d'Annecy Antoine Armand. "Nous en avons marre de nous retrouver pour nous révolter", a-t-il lancé. "L'État doit réagir (...) Il n'est pas envisageable que les manifestations ne soient pas davantage sécurisées. Il n'est pas envisageable que les commerçants aient la boule au ventre un jour de manifestation."

Le maire (Horizons) d'Angers Christophe Béchu, lui, a pointé des "failles" dans le renseignement et s'est dit "déçu" de l'allocution dimanche du président Emmanuel Macron, "très en-deçà des circonstances".

Habitants et commerçants redoutent désormais la nouvelle mobilisation annoncée samedi prochain.

"Samedi, on n'a eu personne pour nous défendre", déplore Yann Lousse, commerçant à Nantes. "On était tout seuls et dans toutes les villes c'était pareil. Il faut remettre de l'ordre là-dedans."

"Est-ce qu'on se sentira protégé, en sécurité (samedi prochain) ? Parce qu'aujourd'hui, le sentiment qui nous touche tous, c'est la peur et la colère", estime Hélène, commerçante bordelaise de 38 ans qui ne veut pas donner son nom par crainte de représailles.

A La Rochelle, une contre-manifestation pour dénoncer les "véritables violences", selon ses organisateurs, a rassemblé une centaine de personnes, dont Caroline, 50 ans, "inquiète à la fois des violences policières et des non-réponses de notre président".

Lili-Rose Polipowsky, étudiante en lettres de 18 ans, estime ne pas avoir été "entendue" lors de la manifestation de samedi et appelle à "continuer la lutte".

3 commentaires

  • 23:15

    Les maires de gauche peuvent pleurer maintenant


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